La douleur, c’est quoi?

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Les intervenants

  • Juliette Corgnet : Physiothérapeute (spécialisations : sport, pelvipérinéologie, rééducation respiratoire et cardiovasculaire)
  • Daniel Simão : Physiothérapeute, et co-fondateur des cabinets start.physio

Transcription du Podcast

Juliette: Bonjour et bienvenu sur le podcast de CapRol. Aujourd’hui, nous allons parler de la douleur avec Daniel Simão, physiothérapeute. Bonjour Daniel, est ce que tu peux te présenter stp?

Daniel: Daniel Simão. Je travaille en Suisse depuis 2013, j’ai cofondé avec des collègues les cabinets Start.Physio. Avant ça, j’ai donné quelques cours en thérapie manuelle et j’ai été invité à des conférences pour parler sur différentes thématiques ; dont la thématique de la douleur pour des séminaires et des Journées scientifiques au Portugal.

Définition de la douleur

Juliette: Voilà entre autres pourquoi je voulais faire ce podcast sur la douleur avec toi. Est-ce que tu aurais une définition de la douleur ?

Daniel: Il y a la définition standard. Là, je l’interprète plutôt de façon un peu poétique. C’est en signe d’alerte que le corps donne face à une potentielle menace. C’est comme cela que je l’interprète lorsque les patients parlent d’une douleur. Cette menace, elle peut être une menace réelle ou une menace virtuelle. Mais toutes les deux sont interprétées exactement de la même façon. L’expérience, la douleur est exactement la même. C’est là qu’il est intéressant de comprendre, que l’on rentre dans la neurophysiologie de la douleur et qu’on commence à rentrer dans la douleur chronique.

Juliette: La douleur c’est donc un signal d’alerte qui indique qu’il y a des questions à se poser sur soi-même, que ça soit d’un point de vue physique ou autre.

Daniel: En fait, la douleur, elle te dit simplement qu’il faut que tu fasses quelque chose. Tu as une action à réaliser. Par exemple, enlever ta main du feu qui est en train de brûler. Lorsqu’il y a quelque chose qui est en train de piquer, de percer la peau, des capteurs en informent le cerveau. Le cerveau prend alors la décision de dire OK, on regarde et on agit et on sort de cette situation. La douleur peut être aussi associée à quelque chose d’émotionnelle, de psychologique. Dans ce cas le corps ressent aussi le besoin de quitter quelque chose. Elle t’indique qu’il faut que tu prêtes attention à quelque chose et que tu changes.

Juliette: La douleur doit amener à l’action, et donc à la réflexion ?!

Daniel: La douleur, elle doit amener à l’action, exactement. Souvent pour arriver à l’action, il faut aussi qu’il y ait une réflexion.

Douleur aiguë et douleur chronique quelle différence ?

Juliette: Ok donc la douleur amène à la réflexion, et la réflexion à l’action. On parle souvent de la douleur aiguë. Cela montre que la douleur est importante pour lutter contre une menace imminente, ou instantanée. Après, il y a la douleur chronique. Quelle est la différence entre douleur aiguë et la douleur chronique ?

Daniel: D’un point de vue des mécanismes à un niveau supérieur, au niveau du cerveau, elles sont pratiquement identiques. J’ai beaucoup de patients qui disent « les médecins ou les gens disent que la douleur est dans la tête ». Oui, la douleur elle est toujours dans la tête. Le processus de douleur, il est toujours un output, donc c’est quelque chose qui « ressort du cerveau ». C’est comme une action. Je bouge donc il y a un ordre qui me fait bouger les membres. La douleur, c’est exactement la même chose. Donc, ce n’est pas « quelque chose qui rentre, mais quelque chose qui ressort ».

Juliette: C’est donc un message neurologique, qui ressort du cerveau.

Daniel: Un message qui ressort, mais qui dit attention. Au niveau aigu, lorsqu’on teste localement la zone de la blessure, on identifie des médiateurs inflammatoires. Ce sont des petits composants qui vont stimuler l’inflammation. L’inflammation est positive parce qu’elle va créer la régénération tissulaire. Cela va créer la cicatrisation, etc… Et cela va amener à finir l’agression. Ce processus prend 72 heures.

Daniel: Après, il y a d’autres mécanismes qui perpétuent la douleur. Ils sont souvent associés à des facteurs de perception, de peur. Ainsi qu’à des éléments liés au fait que cette agression a aussi une base, un contexte cognitif, qui permet de prolonger cette douleur. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire par exemple : « J’ai entendu mon voisin dire qu’a une entorse de la cheville, sa jambe a été amputée. Une histoire comme celle-là va potentiellement engendrer une peur, associée à cette blessure, à cette entorse. Et cela va potentiellement créer un effet nocebo.

L’effet nocebo correspond à l’apparition d’effets indésirables bénins, d’origine surtout psychologique, après administration d’un médicament inactif ou qui ne peut lui-même produire ces effets. (Par analogie avec l’effet placebo).

Définition du Larousse

Daniel: Autre exemple : J’ai entendu quelqu’un dire qu’un membre de sa famille est mort d’un problème cardiaque, alors qu’il se plaignait de douleurs dans la poitrine. J’ai un problème au niveau de la côte et je sens une douleur dans la poitrine. Rapidement, cette douleur va être très amplifiée. L’expérience de la douleur sera augmentée à cause de cette peur. Cette peur peut aussi prolongée cette douleur. En effet la peur est aussi quelque chose qui nous protège. Quel est le problème après ? C’est comment on va résoudre ce problème.

Juliette: D’où l’intérêt de prendre un peu de recul par rapport à ces problématiques ou sa douleur. D’où l’intérêt aussi de rassurer les patients sur leurs douleurs et d’avoir un minimum d’empathie. Même si les douleurs sont amplifiées par des causes psychologiques pour des événements extérieurs ou personnels, si on dit aux patients que « c’est dans la tête », on cultive un peu le fait qu’ils s’enferment dans cette douleur et dans leurs propres croyances. Je pense qu’on a aussi un rôle en tant que physiothérapeute dans le fait de les faire sortir de certaines croyances, qui sont négatives sur le processus de résolution de la douleur.

Oui c’est dans la tête, mais non vous n’êtes pas fou !

Daniel: C’est important, ce que tu dis. Parce qu’à partir du moment où on dit aux gens, « c’est dans ta tête », il y a toujours cette association : c’est dans ta tête donc tu est en train d’inventer la douleur. Le patien se dit alors, »mais je ne suis pas fou ». C’est cette expérience que les patients me racontent. Mais non, ils ne sont pas fous. Quelque fois il faut qu’on change nos mots, il faut qu’on adapte les mots. Il faut qu’on adapte aussi la façon dont on explique aux gens qu’en réalité : Oui, c’est toujours dans la tête, mais si je suis en train d’arracher la jambe, c’est aussi dans la tête.

L’analgésie du champ de bataille et les douleurs fantômes

Daniel: On a des textes très intéressants qui apparaissent après la guerre du Vietnam. On a commencé à parler de neurophysiologie de la douleur, et de l’analgésie du champ de bataille. Des soldats qui avaient subi des tirs sur les jambes, continuaient à courir malgré leurs blessures. Le cerveau avait décidé que sauver sa vie était plus important que définir qu’il y avait une douleur. Donc, oui, c’est toujours le pouvoir du mental. Même si il y aussi plein d’autres choses.

Daniel: Tout le monde connaît sûrement les douleurs fantômes des membres amputés. Le membre il n’est plus là et la personne continue à sentir ce membre qui fait mal. Donc oui, c’est toujours dans la tête, mais cela n’implique pas que les professionnels de santé doivent savoir rediriger le patient en cas de besoin et lui éviter d’effectuer des centaines d’examens. Examens qui au final ne donneront probablement rien, et ne feront qu’augmenter le niveau d’anxiété. Ce qui créera encore plus de problèmes et perpétuera plus de douleur.

A la recherche d’un diagnostic

Juliette: Oui en effet, parfois lorsqu’on se retrouve face à certaines douleurs, on est toujours en train de chercher un diagnostic.

Daniel: Quelque fois on le cherche au mauvais endroit.

Juliette: Cette recherche sans fin de diagnostic est parfois un problème. Personnellement, j’essayais d’expliquer aux patients que les examens complémentaires c’est bien quand on sait exactement ce qu’on cherche. Et même si on sait ce qu’on cherche, quelque part, est ce qu’on a vraiment besoin d’un examen? Parce que le traitement en lui même il ne va pas forcément changer. Par contre, dans certains cas le fait de poser un diagnostic, permet de rassurer, d’avoir enfin une réponse au pourquoi des douleurs, et permet au patient de sortir d’un contexte négatif de questionnements sans réponse. En contre partie parfois il est préférable de ne pas leur poser de diagnostic parce que cela angoisse plus qu’autre chose.

Daniel: C’est une belle question et je suis aussi divisé entre les deux. Il y a des facteurs qui vont faire que la personne aura plus de souffrance, dont le niveau d’éducation.

Juliette: Il y a le niveau d’éducation, mais après, il y a le vécu personnel ?

Daniel: Quand je parle éducation, c’est le niveau de développement ou le niveau intellectuel de la personne. C’est un facteur qui va contribuer dans le bon, ou le mauvais sens. Donc soit la personne comprend très bien tout ce qui se passe, et a un peu cette compréhension de la neurophysiologie, soit ce n’est pas le cas. Cela peut aussi être notre rôle d’éduquer la personne. Cela peut aider la personne a aller dans le bon sens. Mais lorsqu’on revient au fait de ne pas avoir de diagnostic, si cette personne est très loin du médical, et a très peu d’idée de comment cela se passe, elle va toujours se dire : « Mais personne ne sait ce que j’ai. J’ai sûrement le pire ». Dans ce cas là l’absence de diagnostic est très probablement catastrophique.

Intérêt des examens complémentaires (IRM, Radio, …) ?

Juliette: Mais le problème, c’est qu’on trouve souvent aux examens des choses que les patients interprètent comme catastrophiques. Ce qui est compliqué, je comprends que certaines personnes ont besoin d’un diagnostic, car elles ont besoin d’une réponse à leur question. Mais lorsqu’elles sont très, très loin du médical, elles dramatisent tout. Sur une hernie discale, c’est la fin du monde, alors que pas du tout. On a si cela se trouve toi et moi des hernies discales. Et c’est ça aussi le problème. Je pense que l’on a un rôle d’accompagnant. Le fait de rassurer et d’expliquer que la douleur est réelle. Mais aussi parfois de leur expliquer qu’on n’est pas toujours obligé de faire de diagnostic, car cela finit par un tourisme médical. Il est pour moi important de leur dire que le principal, c’est de bouger, et d’essayer d’atténuer la douleur. Il est important que l’on trouve des choses pour que votre organisme évolue. Je pense que c’est propre à chacun, à chaque thérapeute, à chaque patient, il faut s’adapter.

Daniel: Alors il y a plein de choses qui sont en train de se passer au niveau de la recherche scientifique, en ce moment. Et c’est intéressant de comprendre, peut être que je me trompe, qu’il existe entre la recherche et la pratique 17 ans de différence. Donc, pour ceux qui sont en train de rechercher maintenant ou depuis 5 ans, on a encore une dizaine voir une vingtaine d’années avant que les résultats n’arrivent dans la pratique de tous les professionnels de santé. C’est ce que j’explique aux patients qui disent « mais pourquoi jamais personne ne m’a dit ça? ». Mais c’est normal, cela prend du temps parce qu’il faut être toujours sur le sujet. Et il y a plein de sujets sur lesquels on est, donc tout le monde ne peut pas être sur ce sujet en particulier.

Daniel: Les recherches universitaires, citées dans des articles qui ont été publiés sur le sujet de la douleur, ont exposé à l’IRM, pas seulement des patients, mais aussi des gens considérés comme sains. Pour chaque tranche d’âge, ils ont découvert qu’il y avait une quantité de hernies, de fractures, de fractures consolidées… Il y avait des arthrose gigantesques … Au niveau de la recherche sur le genou, ils ont découvert que l’arthrose du genou n’est pas associée à la douleur. Il y a donc des gens avec de grosses arthroses, mais avec une bonne mobilité, une bonne forme, un bon équilibre et qui ne souffrent pas forcément de douleurs.

Daniel: De plus en plus, on commence à comprendre qu’en réalité l’image du corps, ce n’est pas comme la voiture qui, lorsqu’elle a une pièce un peu rouillée, il faut la changer car sinon elle ne marche pas. La question est : Est-ce que la structure a ce qu’il faut pour gérer les défis, pour faire face à la gravité, pour faire face à l’impact sur le sol? A-t-elle aussi un système nerveux capable de gérer tout l’ensemble? Si on ne se pose pas ces questions on va continuer à poursuivre, les recherches par les examens. On finira soit par trouver quelque chose et créer plus de nocebo, alors que les études démontrent qu’il n’y a pas vraiment de corrélation. Attention, il y a des cas où, Oui, il faut une chirurgie immédiate, mais cela représente 1 – 2%.

Juliette: Dans tous les cas, c’est au médecin de déterminer si on doit faire des examens complémentaires. Souvent, la population, ou même nous entre tant que physiothérapeutes, on veut demander une radio, une IRM ou d’autres imageries. Mais ce n’est pas à nous de déterminer si on doit faire un examen complémentaire puisque, dans la plupart des cas, cela ne va pas changer notre traitement.

Juliette: En contrepartie, il est vrai qu’on a souvent la curiosité d’avoir des images. Mais au final, les images, c’est parce qu’on aime bien voir. On a été éduqué comme ça, or ce n’est pas toujours représentatif. C’est donc au médecin de déterminer si pour lui, d’un point de vue purement médical, il a besoin d’avoir des images pour rechercher autre chose ou pour déterminer une chirurgie éventuelle.

Daniel: Je pense que l’idée et ce qui est proposé, c’est que les examens complémentaires sont là pour potentiellement voir les drapeaux rouges, les « red flags ». Pour être sure qu’il n’y a pas une maladie qui va mettre en cause la structure ou la personne. En voyant les images on peut interpréter, comprendre le chemin que la personne a pris dans la recherche de stabilité et donc les potentiels dégâts créés. Mais ces dégâts ne correspondent très probablement pas à la douleur. Souvent, ils correspondent à une conséquence de ce qui a crée la douleur.

Juliette: De toute façon, il y a toujours cette notion d’adaptation. Il est intéressant de fait un bilan pour savoir quels sont les déficits qui ne nous permettent pas de tenir debout. Et puis après, on essaye de s’adapter. Le corps est toujours éternellement adaptable. Evidemment quand on est jeune, c’est plus facile, mais l’objectif à tous âges est de s’adapter. Maintenant, quand on a une douleur chronique, je pense que l’objectif est d’atténuer cette douleur, mais surtout de récupérer de la mobilité pour ainsi amener de l’adaptation. Si on ne fait que du passif et qu’on ne fait que de l’antalgique, au final, on n’aura jamais d’adaptation à la mobilité et il n’y aura jamais de renforcement.

Les thérapies passives sont peu conseillées

Daniel: En ce moment, tout ce qui est thérapie passive n’est presque pas conseillé. Donc toutes les guidelines sur les différentes pathologies, il y a très peu d’interventions passives qui sont recommandées. Je suis spécialiste en thérapie manuelle (thérapie passive), j’en fais donc beaucoup et cela amène une action sur le système nerveux. On arrive à changer des perceptions, mais notre traitement doit être majoritairement éducationnel. On doit aider la personne à comprendre. Ce n’est plus l’éducation du « Back School » comment à l’époque, où on apprenait à la personne que : ça c’est votre vertèbre, ça c’est votre disque cassé, et ça c’est vote hernie qui explose en arrière quand vous vous penchez en avant. Non, non, c’est plutôt quelque chose où on rassure la personne en lui disant que son corps est robuste et résilient.

Daniel: Si vous faites les bons choix chaque jour, et si vous faites les bonnes actions, le corps va réagir dans le bon sens. Evidemment cela ne se fera pas du jour au lendemain. Vous n’allez pas voir la guérison du problème demain, mais peut être d’ici 3 mois, 6 mois, une année. Cela dépend aussi de la longueur de problème. Vous serez beaucoup plus fort, beaucoup plus capable de gérer la gravité, le mouvement descend-monter. Et en fait, c’est ça qu’on veut. On veut que la personne soit fonctionnelle, autonome et possiblement sans douleur. Il y a des cas où la douleur va persister, mais ça, ça rentre dans autres choses.

Vivre avec la douleur

Juliette: . J’ai eu des patients qui avaient vraiment « raison d’avoir mal » c’est à dire que mécaniquement il y avait de gros problèmes. Cette situation allait de toute façon en s’empirant pour cause de dégénérescence. Il s’agisait de patients très actifs, qui s’entretenaient comme ils le pouvaient. Malgré tous les efforts et toute la volonté, la douleur persistait. Ils décrivaient une douleur forte constante. Ces patients donnaient l’impression qu’ils s’étaient adaptés à la douleur. Ils ont une douleur forte, mais en fait, ils vivent avec …

Daniel: Alors plus on bouge, plus on a des mécanismes internes qui sous-pressent la douleur. Pourquoi les gens ont encore la douleur? Ça serait intéressant de comprendre, mais quelquefois, certains types de problèmes créent une potentiation à long terme des nerfs. Donc un nerf qui au début envoie une message, imaginons avec 10 chaines dues à certains processus, il peut passer à 20, 30, 40 ou 100 chaînes. Donc avant, il y avait un stimulus qui envoyait une information qui était interprétée comme une douleur seulement si il y avait beaucoup beaucoup d’information. Maintenant, beaucoup d’informations arrivent avec un minimum de stimulus. Il suffit de respirer pour envoyer déjà toute cette information. Parce que le nerf qui envoie l’information, indique comment la structure se présente, et envoie beaucoup trop de stimulus. Et cela peut se situer au niveau périphérique (et au niveau central), le nerf qui monte depuis la pointe du doigt jusqu’à la moelle et après de la moelle vers le cerveau. Cela peut aussi se passer dans le cerveau au niveau des nerfs de liaisons. Tout ça peut vraiment être un changement physique. Il est important de comprendre cet élément, parce que lorsqu’on dit que c’est dans la tête, oui c’est dans la tête, mais biologiquement, il y a un changement.

Juliette: Il y a donc aussi une adaptation neurophysiologique.

Adaptation neurophysiologique à la douleur

Daniel: Il y a une adaptation neurophysiologique, à sentir mieux la douleur. Les gens deviennent donc super capables de sentir la douleur. La meilleure image, c’est l’image des gens qui commencent à conduire. Au début, on est très mal à l’aise, on doit être très attentif. Et au bout d’une année, il y a des gens qui conduisent avec une main … Donc le cerveau s’adapte et il y a certains contextes qui permettent à la personne de devenir très adaptée à sentir la douleur.

Juliette: Donc, ils sont adaptés d’un point de vue négatif ? Ce n’est jamais positif ?

Daniel: Normalement, c’est positif. La majorité des gens s’adaptent très positivement. On a une douleur, on stimule le point de la douleur, et le cerveau comprend qu’il n’y a pas de risque, pas de danger, donc la douleur diminue. Là, c’est la magie du cabinet où on fait 1-2 thérapies et hop il n’y a plus de douleur. C’est exactement ça, on fait en sorte que le cerveau s’adapte. Mais là dans ce cas il n’y a pas cette potentialisation à long terme. Quand on rentre dans une pièce qui sent mauvais, on la ressent très fort. Il y a une alerte au cerveau, qui nous dis qu’on va peut être mourir à cause d’un gaz. Mais à partir du moment où le cerveau décide qu’il n’y a pas de danger, on ne le sent plus et on s’adapte. Ça, c’est l’adaptation positive.

Daniel: L’adaptation négative est normalement en rapport avec des peurs, ou avec des facteurs émotionnels, etc … qui peuvent augmenter et potentialiser cette douleur, parce que je dois être vraiment très attentif à cette douleur au début. Peut être que je ne le veux pas, mais il y a des choses qui se passent d’un point de vue non rationnelle. C’est notre inconscient qui est en train de rouler. Souvent, on ne peut rien faire, sauf changer la perception, la cognition. Mais si on ne change pas, il y a le pilote automatique et on va développer, on va potentialiser cet apprentissage à sentir la douleur. Ainsi on ressent mieux la douleur et la douleur reste. Après, il y a des gens qui ont un processus mental très fort. Et là, oui, c’est la force du mental qui joue. Ils arrivent à supprimer, à sous-presser le dérangement que la douleur amène à leur vie, même en continuant à la sentir.

Juliette: Ils se concentrent plus sur la mobilité, sur leur vie, et moins sur la douleur ?!

Daniel: C’est ça que les grands chercheurs des douleurs chroniques sont en train d’étudier. Lorsque la vie s’est la douleur, tu dois augmenter ta vie, et donc tu dois commencer à avoir plus de contacts sociaux, avoir plus d’interactions, avoir plus de choses à faire. Ainsi, tu as une vie au delà de la douleur et ta vie n’est plus seulement de la douleur.

Le coaching et la communication

Juliette: On a envie de parler de coach mental à ce moment là.

Daniel: On en fait c’est ça. C’est la nouvelle définition de la profession, on devrait éduquer, coacher. On est censé savoir des choses, mais notre formation de base ne nous forme pas assez sur ce point. Peut être que c’est mieux pour les nouveaux diplômés ?… Cela devrait être un des outils de tous les professionnels de santé. La communication devrait être quelque chose de très, très, très important. Je pense que cela va évoluer dans l’avenir.

Juliette: Oui ça évolue. Même chez les médecins, ils parlent beaucoup plus. Les physiothérapeutes expliquent aussi beaucoup plus les choses.

Daniel: Il faut avoir la capacité d’aider les gens à changer de comportement. On ne doit pas forcer la personne. On doit être capable, disons plutôt que cela serait bien si on arriverait à aider les gens à faire une transition, à changer leurs comportements, à changer leur perception du monde face à ce problème de façon à pouvoir marcher en avant. Il y a quelque chose de très intéressant que j’utilise : Lorsque les gens disent « J’ai fait un truc que je n’aurais pas dû, une intervention par exemple. J’ai fait une bêtise, j’y suis tombé, je me suis cassé… ». Je leur répond « ok, ça, c’est dans le passé, on peut rien changer. Mais qu’est ce qu’on peut faire maintenant?

Qu’est-ce qu’on peut faire MAINTENANT ?

Daniel: Et Là, on revient sur ce que tu disais tout à l’heure. On veut un diagnostic? Oui, c’est bien pour apaiser la tête. Mais de plus en plus, on ne cherche plus la cause des douleurs. Par exemple dans le cas des douleurs lombaires non définies, on ne cherche plus la cause. Pas parce qu’elle n’existe pas, mais parce que probalement, on n’arrivera pas à l’identifier. De plus, il est probable qu’on s’en sortira sans avoir besoin de la connaître. Il faut toujours aider la personne à avoir une vision dans le futur. Qu’est ce que je peux faire aujourd’hui? Et qu’est ce que je dois faire chaque jour pour changer ma souffrance dans le futur? Au lieu de qu’est ce qui m’est arrivé dans le passé?

Juliette: Mais au final, tout est multifactorielle ? On réalise qu’il y a le mental, qu’il y a la force, qu’il y a énormément de choses. Or un diagnostic est sensé être précis …

Les diagnostics sont en train de changer

Daniel: Les diagnostics sont aussi en train de changer. C’est un fait très intéressant. Avant, on avait plein de diagnostics de l’épaule. Maintenant, on parle de douleur antérieure de l’épaule, peu importe ce que tu as précisément. Les codes qui existent maintenant sont des codes de douleur antérieure de l’épaule, de douleur antérieure de genou. Ce n’est plus, syndrome fémorpatellaire, tendinite du sus-épineux etc. On en revient au grec, on en sait rien en fait. Mais on sait plus ou moins comment vous aider.

Juliette: Je vois, on arrive avec la prescription « rééducation genou ». Je ne dis pas que ce n’est pas bien, mais ça dépend… Moi, j’ai eu des prescriptions … Là c’est un petit message pour les médecins. J’ai eu une prescription de rééducation genou, le monsieur sortait de l’hôpital n’avait pas d’attelle, il venait de se faire opérer, et il m’expliquait qu’il avait eu une greffe. Moi, je suis pour « rééducation du genou ou pathologie du genou », mais avec un compte rendu en post-opératoire.

Daniel: Je suis d’accord. Mais là, quand je parle de cette évolution de diagnostic, c’est les diagnostics musculosquelettiques, pas orthopédiques. Dans le cas d’un patient avec une chirurgie orthopédique, là, j’ai besoin de toutes les informations possible.

Juliette: On pourrait faire avec le minimum. Maintenant, c’est que dans la poursuite du traitement qui a été fait, pour respecter le traitement qui a été fait, on a qu’en même besoin d’avoir les indications.

Daniel: Plus on a d’informations plus les résultat de la chirurgie seront bons. C’est un travail d’équipe. Donc pour que le résultat du chirurgien soit top, il faut que l’information soit bonne, pour que la suite soit bonne.

Les douleurs post-opératoires

Juliette: Là aussi, il y a une histoire de coaching. Dans le sens où il y a souvent des douleurs post-opératoires. Après l’opération, les patients ont l’impression qu’ils se sont fait opérer, et que par magie tout doit fonctionner. Je me suis déjà entendue dire « la chirurgie n’a pas fonctionné ». Non, la chirurgie a fonctionné. Le problème, c’est qu’après, il y a du travail à faire.

Daniel: Il y a d’autres sources de douleurs qui probablement n’ont pas été changées par la chirurgie parce qu’elle n’était pas censé le faire.

Juliette: La chirurgie a stabiliser et réglé certaines choses. Maintenant, il faut réadapter le corps et poursuivre. Le chirurgien n’a fait que la moitié du travail.

Daniel: Tout à fait. Et là, j’aime bien parler aux gens avec des images simples à comprendre. Je leur explique qu’il y a tous les composants péri-articulaires : la capsule, les ligaments, les bourses, … Souvent, même avant la chirurgie, ce sont ces éléments qui provoquent la douleur. Donc, quand il y a le changement (l’opération), la douleur qui vient de ces structures peut continuer. Il y a aussi la douleur de la cicatrice par exemple. Il y a plein de douleurs … j’explique au patient que maintenant, toutes les fibres qui sont là ne sont pas encore adaptées à leur nouvelle façon d’être. Il faut recalibrer le cerveau. Il y a l’installation d’une nouvelle pièce dans leur ordinateur. C’est une nouvelle pièce d’hardware, mais vous ne commencez pas à l’utiliser d’abord. Avant ça, vous allez installer le software pour que ça roule bien. On aimerait sortir de la chirurgie avec un programme déjà installé. Peut être dans le futur, mais pas encore. Il faut l’exposition graduelle au mouvement. Il faut l’action, l’activation musculaire, il faut tout ça. D’une façon correcte, de façon à ce que la douleur commence à s’exténuée. Il faut que ce signe d’alerte qui indiquait qu’il y avait un problème, commence à être compris par le cerveau. Que ce dernier se dise OK, là, je comprends, ce n’est pas si grave. Et à chaque jour qui passe, l’information qui arrive, « ce n’est pas si grave », va transformer quelque chose qui était une douleur, en une sensation de position, une sensation de contraction. La sensation normale qui devrait venir de cette structure. Il est donc très important d’avoir la capacité de coacher, de dire c’est comme ça maintenant, mais avec les bonnes décisions chaque jour de la personne les choses iront de mieux en mieux. C’est beaucoup de responsabilités pour le patient, et c’est le grand problème. Souvent, les gens sont beaucoup, beaucoup, beaucoup sur le passif. J’attends que quelqu’un me guérisse. Et ça, ça n’existe jamais. Aucun professionnel de santé ne va guérir la personne. C’est la personne qui va se guérir elle même avec ses comportements, avec la bonne bouffe, avec une bonne activité physique, avec une bonne prise de conscience de son état mental.

Soutien psychologique et pro-activité

Daniel: Quand on parle des athlètes de hautes compétitions, on parle souvent de coach mental, pour performer. Si on réalise qu’un athlète a besoin d’un coach mental pour atteindre les sommets, pour passer les Jeux olympiques, … On réalise que tout le monde a besoin aussi de gérer son niveau de stress, de gérer ses anxiété, de gérer ses émotions pour pouvoir passer certains défis. Peut être que ces Jeux olympiques, c’est une blessure. Et cette blessure, peut être qu’elle va amener de positif. Cela va transformer la vie de la personne. Mais pour cela il faut souvent un soutien. Pas quelqu’un qui vient changer votre vie, mais quelqu’un qui aide, qui donne un support.

Juliette: C’est pour ça que, pour moi, les patients doivent être proactifs. Après, il faut savoir se diriger et demander de l’accompagnement auprès de différents thérapeutes, qui chacuns ont leurs compétences.

Daniel: Toujours, sans la proactivité, probablement qu’il n’y a pas résolution du problème.

Aucun professionnel de santé ne va guérir la personne. C’est la personne qui va se guérir elle même avec ces comportements, avec la bonne bouffe, avec une bonne activité physique, avec une bonne prise de conscience de son état mental.

Juliette: On le voit sur des chirurgies simples,une prothèse de genou par exemple, qui présentent de belles douleurs post-opératoires. Si la personne se retrouve avec un thérapeute qui ne fait que du passif, sans un accompagnement psychologique, c’est à dire motivationnel, sans un coaching actif pour inciter à la marche. Et sans rassurer sur le manque de flexion qui va et doit s’améliorer par la suite. Au final, on peut nous même, en tant que thérapeute, enfermer le patient dans un système douloureux. Je pense qu’on a vraiment un rôle important dans le fait de motiver et de soutenir positivement les patients surtout en post-opératoire. La population est vieillissante. Beaucoup de personnes sont passives, et certaines attendent trop longtemps avant de se faire opérer quand la chirurgie est préconisée. Mais si derrière, en plus, elles n’ont pas quelqu’un de motivé pour leur dire bon maintenant on repart quasi de zéro. Vous avez un nouveau genou, tout va bien se passer, mais il faut travailler et avancer. On peut aussi avoir une part de responsabilité sur des douleurs qui s’installent insidieusement.

Daniel: Oui, c’est la logique, si je ne fais pas du bien, peut être que je suis responsable de faire du mal. Mais ça, c’est un petit peu plus philosophique. Il y a les composants de nocebo, la création des croyances qui vont être nocives. Et la croyance, les croyances : il faut être trop conservateur, il ne faut pas bouger… sont souvent négatives. On doit connaitre la limite. C’est pour ça qu’il est très, très important de communiquer et de savoir jusqu’où on peut aller. Normalement, je demande quelles sont les limitations, qu’est ce qu’on peut ne pas faire selon les chirurgiens? A part ça, on fait tout et on va exposer de plus en plus le membre opéré. Si on va dans le sens de dire aux gens, en fait, il ne faut pas trop bouger, on risque d’amener la personne à être limitée.

La télémédecine en physiothérapie

Daniel: Mais là, c’est bien parce que tu m’amène à faire un petit coucou aux gens qui n’ont pas encore compris l’évolution de la physiothérapie, qui n’ont pas compris que la télémédecine en physiothérapie est aussi efficace. Il y a plein de pays qui sont en train de le démontrer. Le physiothérapeute est un gestionnaire du programme de réadaptation. Je peux demander à la personne : Qu’est ce que vous avez fait? Je change son programme et elle le fait, et ça, ça fonctionne. Ça, c’est plus important que la personne qui vient pour se faire masser 30 minutes. Le plus important, ce sont les 5 minutes où le physiothérapeute discute et explique. Le moment où il dit OK, Quel est votre programme de renforcement? C’est ça? OK, c’est en train d’aller dans le bon sens. Il faut faire ça, ça, ça et ça. Ces 5 minutes où la connaissance du physiothérapeute est transmise au patient, c’est le moment le plus important. C’est cette évolution de la perception de la profession qui doit se faire.

Juliette: Je suis d’accord avec toi. Et c’est pour ça que nous, les physiothérapeutes, avec les entraîneurs sportifs, avec les coachs, etc. On a quand même passablement de points communs, avec des connaissances différentes, certes, mais il y a qu’en même des regards qui se regroupent. En contre partie, je ne suis pas contre la télémédecine en physiothérapie. Mais je considère qu’il faut pouvoir être confronté à des patients qui ont déjà un certain bagage de connaissances: un gainage bien positionné, un engagement du transverse bien réalisé ou certaines positions déjà bien connues quand on va faire certains exercices. Personnellement, au départ j’utilise beaucoup le touché pour faire sentir le bon positionnement au patient.

Daniel: Alors tout à fait. Je parle de gestion de cas.

Juliette: Oui mais c’est vrai que si tu ne les as pas déjà vu avant c’est compliqué.

Daniel: Tu arrives à aider dans le pire des cas. J’ai déjà fait des consultations avec des amis et de la famille à distance. Il faut questionner la personne : Qu’est-ce que tu as, qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que tu dois faire?Recueillir des informations comme on peut : montre moi une image, montre moi un film. D’un point de vue clinique, avec mes patients, je préfère être présent et voir. Mais ce n’est pas impossible d’avoir un suivi dans certains cas.

Juliette: Il faut que les patients sont aussi terriblement proactifs et concentrés. Cela signifie que le patient en face doit vraiment être à l’écoute et comprendre ce qu’on est en train de lui demander. Il n’y a personne pour le toucher et lui dire non, tu vois bien que tu n’est pas en train de contracter ta cuisse. Et c’est là aussi où on se rend compte des limitations par rapport aux connaissances physiques. Sur un sportif, je considère qu’il n’y a aucun problème. Mais par contre pour le commun des mortels, serrer un quadriceps, … il ne sait pas ce qu’est un quadriceps. Faire un squat, ce n’est pas si simple!

Daniel: C’est là que c’est important de comprendre : Il y a le fait de dire, « ça ça n’existe pas », et le fait de dire, « c’est possible de le faire ». Il faut trier les cas. Les personnes qu’on considère être capables de bénéficier d’une consultation à distance et celles qui ne le peuvent pas. J’ai des collègues pendant le COVID dans d’autres pays, qui ont fait avec des sportifs des consultations en post-opératoires par caméra. C’étaient des pays où les choses étaient beaucoup plus fermées (en comparaison à la Suisse) et ils ne pouvaient pas consulter en présentiel. Or il était très important de continuer la récupération. Cela a eu un énorme succès. Je pense que probalement, on va voir dans les résultats de la recherche sur ce type d’intervention dans un futur proche.

Juliette: Au final si on a la volonté, tout est faisable.

Daniel: Ça, c’est la question. Mais quelquefois, c’est à nous de comprendre qui est la personne en face de nous et comment elle va réagir. Peut-être qu’avec cette personne cela ne va pas marcher. Il faut qu’elle soit là avec nous, il faut qu’on la touche pour qu’elle sente tous les petits détails qu’on lui explique (Corrige ici, corrige là,…).

Juliette: En présentiel c’est quand même plus simple, je trouve. Après, à distance, il y a moyen comme tu dis selon les cas.

Daniel: C’est selon les cas. Tout ça pour dire que notre rôle, en tant que physiothérapeute, selon l’évolution de la profession, sera beaucoup plus à travers la connaissance et l’éducation. Une aide à gérer et à comprendre, ce que la personne doit faire. Il y aura toujours le toucher, mais avec une part moindre. Le physiothérapeute sera de moins en moins un thérapeute qui ne traite que par le toucher.

Juliette: L’éducation thérapeutique, on en parle depuis des années.

Daniel: Oui, mais elle a changé, elle a évolué. Maintenant, il s’agit plutôt de choses simples. A l’époque, c’était : Je te montre les neurones, je te montre et t’explique la chimie. Les gens, ce n’est pas ça qui les intéressaient.

Juliette: Ce n’était pas des outils qui étaient adaptés aux patients.

Daniel: La personne, elle doit comprendre qu’il y a quelqu’un qui a la connaissance, le professionnel de santé. Elle n’a donc pas besoin d’aller faire en cours universitaire. Elle a besoin de quelqu’un qui lui explique pourquoi elle a la douleur, ou pourquoi potentiellement elle a la douleur, et quel est le chemin à suivre. Elle doit se sentir rassurée et accompagnée.

Spondylarthrite ankylosante et sport

Daniel: Si tu permets, j’ai deux cas très intéressants de deux jeunes filles avec une spondylite ankylosante. C’est une maladie rhumatologique génétique. A 23-24 ans, les gens ont des douleurs inflammatoires du matin au soir. On observe les dégâts de la maladie à l’IRM, on y voit le changement du corps. Avant, la vision du thérapeute était qu’on ne pouvait pas changer cette situation pour les patients atteints. Il y a quelques médicaments, mais je ne suis plus à jour à ce niveau. L’important chez mes deux patientes, c’est que leurs capacités mentales ont changé. Actuellement une de ces patientes, est professeur de Pilates. Elle a ouvert un studio de Pilates et aide les gens avec des douleurs à passer au delà à travers l’activité physique. Elle a réussi à faire le changement dans sa tête et à dire bon, j’ai un problème qui me donne une douleur, mais plus je bouge, mieux je me sens.

Juliette: Elle est professeur de Pilates, et elle a une spondylarthrite ankylosante, c’est à noter. C’est une pathologie qui peut être lourde et en contrepartie, elle est qu’en même professeur de Pilates !

Daniel: Et l’autre? Elle m’a envoyé une photo ou elle faisait La Patrouille des glaciers. Comme quoi, le niveau du handicape est souvent défini entre autres par notre croyance et par notre vision. Donc, on peut tout faire, même si quelquefois le chemin est difficile à trouver.

Intérêt du suivi psychologique

Juliette: C’est pour ça que les thérapeutes ou les professionnels autour sont là pour diriger, accompagner. Pour que le patient puisse faire un choix vraiment éclairé. Qu’est ce que j’ai envie de faire ? Au final vous pouvez tout faire ! Maintenant, qu’est ce qui vous plaît le plus? On discute et on y va progressivement . Par contre est-ce que tu es d’accord avec moi sur le fait qu’à partir du moment où on a des douleurs chroniques ou des pathologies un peu lourdes, il est intéressant de se faire suivre au niveau psychologique?

Daniel: Honnêtement, je trouve qu’il y a un problème dans le système. Ici en Suisse, moins heureusement. Mais cette idée que le psy, c’est juste pour les fous. Ça, c’est complètement faux. Aujourd’hui, avec notre société, je pense que tout le monde devrait avoir un psy de famille. Tout le monde devrait avoir quelqu’un qui l’aide à gérer, toutes les choses qui nous arrive. C’est quelque chose qui est absolument nécessaire. Une personne qui nous donne un soutien psychologique, pour nous aider à comprendre ce qui se passe, et pour nous aider à passer au-delà.

Juliette: Et a accepter aussi.

Daniel: Il y a des gens qui ont une capacité déjà innée ou qui ont déjà appris a gérer un ensemble de problèmes et d’émotions. Et il y a les autres, qui ont de la peine. Parce qu’ils n’ont jamais appris, ou parce que leur système d’éducation les amène exactement dans le sens contraire à une évolution positive. Ceux là n’ont pas les ressources. Oui c’est absolument nécessaires. Et il faut démystifier l’aide psychologique. Et il faudrait s’appuyer plus dessus. Probablement que cela coûterait beaucoup moins cher en examens et en certaines thérapie.

La douleur du sportif

Juliette: Je pense que sur des douleurs chronique, le psy est super intéressant. Surtout si on travaille en équipe, et si on est tous dans la même dynamique. C’est à dire de redonner du mouvement et de la fonctionnalité à la personne, et pas seulement se canaliser sur il faut d’enlever la douleur. La douleur fait aussi partie de la vie quelque part. Et là, je pense par exemple aux sportifs. Chez eux, la douleur, c’est quelque chose qui n’est pas anormal.

Daniel: Non, ils ont toujours mal.

Juliette: Le fait d’aller courir et le lendemain, d’avoir un peu mal, ce n’est pas anormal. Par contre c’est à nous d’analyser la douleur. Elle représente quoi ? Est-ce que c’est juste des courbatures? Est ce que c’est juste représentatif du travail effectué ou de la fatigue. Est ce qu’elle est importante? Est ce que c’est un système d’alerte ou est-ce que c’est simplement mon corps qui s’exprime?

Juliette: Est ce qu’il y a d’autres choses que tu voulais rajouter par rapport à la douleur?

Des liens d’informations

Daniel: Oui, il y a un site Internet qui est Pain in Motion, ce sont des Belges qui font de la recherche. C’est chez eux que j’ai consommé beaucoup d’informations. Il y a aussi Noigroup, ils sont basés en Hollande. Ils ont fait beaucoup de recherches. Ils ont aussi beaucoup de choses pour les patients, pas seulement pour les cliniciens. Donc, si quelqu’un a de l’intérêt ces deux sites sont hautement recommandés.

Juliette: Merci beaucoup daniel !

Des abdominaux pour l’été ? Mais pour quoi faire ?

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Note si vous écoutez ce podcast : Toutes nos excuses 🙏🏼 pour la qualité du son. Il parait que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. On s’améliora pour les prochains podcasts !

 

Les intervenants

  • Juliette Corgnet : Physiothérapeute spécialisée en sport, en urogynécologie, en rééducation respiratoire et cardiovasculaire.
  • Vanessa : Sportive, ancienne karatéka

Transcription du Podcast

Juliette : Bonjour et bienvenue sur le podcast santé sport de CapRol. Aujourd’hui, nous allons parler des abdominaux avec Vanessa.

Juliette : Vanessa, peux-tu te présenter en quelques mots, stp ?

Vanessa : Oui, je m’appelle Vanessa. Je suis sportive. J’aime beaucoup le sport. J’ai été karatéka pendant plusieurs années. J’ai fait du karaté pendant plus de dix ans. En effet juliette, j’avais plein de questions pour toi par rapport à une partie du corps qui m’intéresse spécialement, ce sont les abdominaux.

Juliette : Ok, apparemment tu as préparé plein de questions. Je t’écoute.

Juliette : Et pourquoi ça t’intéresses spécifiquement Les abdominaux, parce qu’on arrive à l’été?

Vanessa : Oui, aussi. On arrive à l’été, et c’est toujours sympathique d’avoir une belle sangle abdominale. C’est intéressant aussi, parce que je me suis toujours posée la question sur la manière dont je faisais les abdominaux. A savoir si c’était toujours la bonne façon de faire?

Juliette : Ok, apparemment tu as préparé plein de questions. Je t’écoute.

C’est quoi les abdominaux ?

Vanessa : Oui, alors déjà. Est ce que tu peux nous donner plus d’informations sur où se trouvent les abdominaux?

Juliette : On parle de sangle abdominale. Si on parle de sangle abdominale, c’est parce qu’une sangle ça fait tout le tour. C’est autant l’avant, les côtés que l’arrière. Les abdominaux, ce n’est pas que les tablettes de chocolat.

Globalement, il y en a quatre groupes :

  • On a les grands droits qui sont vraiment les tablettes de chocolat, qui sont devant.
  • On a les obliques internes, ce sont ceux qui sont en éventail au départ de la crête iliaque, et remontent vers la cage thoracique.
  • Les obliques externes, sur des personnes hyper musclées, tu peux les observer sur les côtes. Ils partent des côtes pour se diriger vers le milieu du ventre.
  • Et le fameux transverse de l’abdomen qui est pour moi le muscle principal. C’est le muscle qu’on dit le plus profond. Il va faire tout le tour au niveau du bassin.

De mon point de vu, il faut surtout s’intéresser au transverse de l’abdomen. Les autres ils sont intéressants, mais de toute façon, ils vont travailler de façon automatique. Alors que le transverse, est censé travailler aussi de façon automatique, mais avec notre posture actuelle et notre mode de vie, on a tendance à s’affaisser et à ne pas l’engager.

L’importance d’une bonne sangle abdominale

Vanessa : Du coup, pourquoi c’est important d’avoir une bonne sangle abdominale ?

Juliette : Simplement pour avoir un équilibre, c’est vraiment l’équilibre biomécanique qui est important. Si on n’a pas de sangle abdominale, ce qui n’est pas possible puisqu’elle nous permet de nous tenir debout. Si on prend 25 kilos d’un coup, ou par exemple chez les femmes enceintes qui vont avoir la sangle qui va complètement se distendre, on va avoir un déséquilibre avant arrière, entre les muscles du dos et les muscles du ventre. L’avant et l’arrière doivent être aussi forts. Je dois donc avoir une bonne sangle abdominale, mais je dois aussi avoir de bons muscles au niveau du dos.

Parlons juste de la sangle abdominale. Si je suis complètement relâchée, je vais avoir toutes mes viscères qui vont être males maintenues, et qui vont avoir tendance à pousser vers le bas et vers l’avant. Cela va accentuer la pression au niveau du dos. Et je vais ainsi, aussi accumuler beaucoup trop de pression au niveau de toute la zone du petit bassin. Cette notion d’hyper pression dans toute cette sphère là, va pouvoir être négative au niveau du dos, et au niveau de toute la zone périnéale, par exemple.

Avoir trop d’abdominaux peut-il engendrer des problèmes ?

Vanessa : Donc, j’ai compris pourquoi c’était important d’en avoir. Est-ce que trop d’abdominaux, au contraire, peut poser un problème ?

Juliette : Alors on le voit chez les sportives et sportifs. La plupart du temps, c’est assez drôle parce qu’ils ont une sangle abdominale qui va être très, très, très tonique.

Chez les sportives, quand elles ont une belle sangle abdominale bien dessinée, elles en sont très fières et veulent vraiment l’entretenir. Et quand on leur demande de gonfler le ventre, elles n’y arrivent pas.

Si on n’arrive pas à gonfler le ventre, cela signifie pour moi, qu’on manque de mobilité. C’est bien d’avoir un muscle tonique pour pouvoir stabiliser tout l’ensemble, mais au final, il faut que toute cette zone soit mobile. Une zone abdominale qui est beaucoup trop tonique, voire complètement figée, ne va pas nous permettre d’avoir une bonne mobilité sur tout l’espace environnant.

Nos viscères bougent à l’intérieur, elles ont besoin de bouger pour fonctionner correctement. En cas de sangle abdominale « trop forte », on peut rencontrer par exemple des problèmes de constipation, simplement parce que la personne est complètement figée dans cette zone, et que tout ça a du mal a se drainer.

Donc, une sangle abdominale trop importante, c’est synonyme pour moi de manque de mobilité et le manque de mobilité, on sait bien que ce n’est pas quelque chose de positif.

Les abdominaux et les sportives

Vanessa : Tu parles de viscères, de problèmes de constipation, cela me fais penser aux problèmes de fuites urinaires pour les sportives. Est-ce que cela peut être lié à la façon de travailler les abdominaux?

Juliette : Souvent, on va faire un lien direct en disant le sport, par exemple, la course à pied, ce n’est pas bon pour les femmes parce que c’est hyperpressif et que cela va entraîner chez les sportives des incontinences urinaires à l’effort. C’est un raccourci qui est très raccourci et qui n’est pour moi absolument pas justifié !

Il est vrai que nous, les femmes, nous avons toute cette zone périnéale qui va être un peu plus fragile que celle des hommes. On a certains problèmes, que les hommes n’ont pas. Il faut juste s’en préoccuper. Maintenant, si j’ai une sangle abdominale qui est beaucoup trop tonique, comme je l’ai dit juste avant, mes viscères, toute cette zone va subir beaucoup trop de pression. Mon périnée va subir beaucoup trop de pression et beaucoup trop de charges. Il arrive un moment où je vais pouvoir fragiliser mon périnée, et toute ma zone périnéale à cause d’abdominaux trop toniques. Mais ça, c’est lorsque j’ai des abdominaux trop toniques. Ce n’est pas parce que je fais du sport que j’ai forcément des abdominaux trop toniques.

Donc, quand on est sportive, on doit s’intéresser à son corps de façon générale et à la limite faire des exercices de gymnastique hypopressive, ce genre d’exercices par exemple. Par ce type d’exercices l’objectif est de maintenir une mobilité adéquate.

Il faut s’assurer d’avoir une bonne tonicité musculaire, mais que cette tonicité n’amène pas un manque de mobilité.

Ce qu’il faut retenir, c’est que de toute façon, il y a des problèmes de fuites urinaires chez les sédentaires, et qu’il y a des problèmes de fuites urinaires chez les sportives. Il y a des problèmes de fuites urinaires chez la femme de façon générale. Il ne faut ni pour moi le dramatiser, ni non plus dire que c’est quelque chose de normale. Il faut s’en préoccuper. Mais dans les deux populations, on a des problèmes de fuites urinaires. Donc, faire le raccourci sport fuites urinaires, est pour moi terriblement négatif parce que cela n’incite pas au sport. Alors que les bénéfices du sport sont reconnus par tous. Et qu’il vaut mieux être sportive que sédentaire.

Travailler ses abdominaux pour éviter le mal de dos ?

Vanessa : OK, je pense à un autre souci qu’on pourrait avoir, c’est les maux de dos. Est-ce que faire des abdominaux, cela peut compenser un mal de dos ?

Juliette : Souvent en rééducation avec les lombalgie, on leur faisait faire des abdominaux, il fallait faire des abdominaux. C’est vrai que dans notre population, à l’heure actuelle, comme je l’ai dit avant, on a une posture qui n’est pas correcte. Les gens ont tendance à s’affaisser et donc à ne pas gainer, et à ne pas travailler leurs abdominaux. Donc on leur faisait travailler leur abdominaux, mais il faut un équilibre avant arrière.

Il nous faut avoir des abdominaux toniques pour stabiliser le tronc dans toutes nos activités. Mais il nous faut aussi des dorsaux toniques pour pouvoir faire aussi ces activités.

Moi, en rééducation du dos chez les patients, en premier lieu, je leur explique la biomécanique du dos, de façon générale. Je leur explique cette notion de transverse, comment on le contracte, à quoi il sert. La plupart du temps rapidement, ils se rendent compte qu’ils ont tendance à avoir une posture qui est totalement affaissée et absolument pas de tonique. Ils ont tendance à se rendre compte qu’en fait, ils sont sur leurs articulaires et qu’au niveau musculaire ils ne travaillent pas du tout. Et que de façon générale, ils sont peu mobiles.

Donc, petit à petit, on remet de la mobilité avec cette importance au niveau de la posture qui est gainé par le transverse. Et oui, je leur fais travailler leur sangle abdominale. Mais après, je le fais vraiment dans un cadre plus global, c’est à dire qu’il y a un renforcement général à faire. Ils réalisent que tout le monde doit être engagé, et pas seulement les abdominaux. Il est vrai, que dans un premier temps, j’insiste sur ce gainage au niveau abdominal pour leur faire comprendre au niveau postural qu’ils ne sont pas corrects. Ensuite, il y a tout un travail au niveau du dos pour leur faire comprendre que OK, il y a l’avant, mais il y a aussi l’arrière. Ils réalise alors qu’il faut tout travailler.

Il faut avoir cette notion de prise de conscience de votre corps et de votre corps dans l’espace, comment vous vous comportez. Donc oui, il faut travailler les abdominaux, mais pas seulement.

Des exercices d’abdominaux pour l’été ?!

Vanessa : OK. Et puis du coup, à l’approche de l’été, est ce que tu pourrais conseiller ou est-ce qu’il existe des exercices spécifiques pour avoir des abdominaux saillants?

Juliette : Non. Je le vois avec mes patients, beaucoup demandent des abdominaux. Et même surtout en post-partum où elles veulent retrouver leur ventre. Je rigole tout le temps parce que oui, on peut faire des abdominaux, mais non. Faisons du sport de façon globale. En post-partum, elles ont de toute façon beaucoup de choses à récupérer, il est pour moi préférable de travailler de façon globale..

Si on travaille de façon globale, vous allez déjà travailler votre sangle abdominale.

Quand vous courez, vos abdominaux vont permettre de stabiliser le bassin. Quand vous faites des squats, vos abdominaux vont permettre d’avoir une bonne position de bassin, d’avoir un bon gainage de tout le tronc. Quand vous faites des push-up, cela va être la même chose. Dans tous les exercices de renforcement musculaire, on doit avoir un engagement de la sangle abdominale, on doit aussi avoir un engagement du dos et donc de tout le tronc.

Travailler plus, d’un point de vue global !

Le summer body

Vanessa : J’ai une autre question pour toi, c’est par rapport aux réseaux sociaux. On voit pas mal de choses, des personnes qui exhibent fièrement leur sangle abdominale, etc. Il y a les filtres qui aident à cela, bien sûr. Ce qu’on voit aussi beaucoup sur les réseaux, c’est les programmes d’abdominaux. Et ça tu en penses quoi ?

Juliette : Rien n’est totalement mauvais et rien n’est totalement bon. Pour moi, il faut travailler de façon globale. C’est le principe du régime. Moi, je n’aime pas les régimes. Pourquoi aller faire un régime juste avant l’été ? Quel est le but ? Le but est peut-être simplement esthétique. OK, c’est un choix. On veut faire un petit summer body, on veut avoir une sangle abdominale, etc. Etc. C’est un choix. Personnellement, je ne suis pas pour.

Je suis pour un travail sur le long terme. Je suis pour une hygiène de vie de façon globale. On choisit le corps qu’on a quelque part. Maintenant, il faut aussi accepter le corps qu’on a. Mais si on veut avoir un corps parfait pour l’été, pourquoi le reste de l’année, j’accepterai de prendre 15 kilos ? Ce n’est pas très sain pour l’organisme.

Pour l’été je fais un régime, je perds 15 kilos, je me mets au sport et c’est génial. Et puis l’hiver arrive et je reprends 15 kilos. Votre corps s’adapte, mais ce n’est pas sain pour votre santé, et je ne pense pas que ça soit sain pour l’estime de vous-même non plus. Donc, je n’ai rien contre, mais je ne suis pas fan.

Modifier son corps, est-ce possible ?

Vanessa : Du coup, est ce qu’on peut moduler notre corps comme on veut?

Juliette : Alors je pense que oui. Je fais partie des gens qui considèrent qu’on doit s’accepter tel qu’on est. Il y a des morphologies qui sont beaucoup plus sèches. Il y a des gens qui vont avoir des abdominaux terriblement dessinés et depuis tout le temps, qu’ils fassent du sport ou non. Il y en a d’autres qui vont être beaucoup plus ronds ou avec des formes différentes. Ça, c’est notre base à nous. Donc à partir de ce moment là, il faut déjà accepter comment on est. Ensuite, c’est un choix personnel de savoir si on veut modifier notre corps et qu’est ce qu’on accepte de faire pour cela ?

Mais si on veut obtenir une belle sangle abdominale, être super musclé et ainsi de suite, notre corps est modifiable, cela demande du travail. On peut l’obtenir, mais pour moi, dans ce cas là, il faut rentrer dans cette dynamique sur le long terme. je ne dis pas qu’il faut êtes excessif dans le sport, la question n’est pas là. Mais la population générale a tendance à faire la version summer body, juste pour l’été, et puis ensuite, on change.

Il y a des phases dans la vie où votre corps change.

Chez les hommes, par exemple, qui sont tout fins et qui ont envie de prendre de la masse pour plein de raisons personnelles diverses et variées. Ils vont pouvoir le faire. Il y a la nutrition et l’activité physique. Mais sur ces sportifs qui ne l’étaient peut être pas forcément avant, mais qui le sont devenus, ils intègrent une hygiène de vie qui modifie leur corps. Donc, c’est un comportenent différent de celui qui est de « je perds 15 kilos avant l’été parce qu’il faut que je me mette en maillot de bain ». Après personnellement, les kilos, il faut quand même faire attention. Mais si tu te préfères avec 15 kilos en moins, aies tes 15 kilos en moins toute l’année.

Vanessa : Mais t’es qu’en même d’accord que la nutrition, peut jouer un rôle dans le contrôle de son corps, de son poids?

Juliette : Oui. La nutrition a un impact. La nutrition, je n’y connais pas grand chose, et je fais partie des gourmands qui n’ont pas trop de soucis, donc ça va, je profite. Mais je pense que la nutrition a un impact sur tout. Elle a un impact sur la santé, et sur notre physique, c’est évident. Mais cela dépend comment on a envie de le travailler. Les sportifs, dans certains sports de poids, vont énormément jouer sur la nutrition. Il faut faire attention avec la nutrition, dans le sens où ça peut être positif, comme ça peut être négatif. Si on veut jouer sur la nutrition, pour moi, il faut être formé.

Vanessa : Ok d’accord. Du coup, j’ai compris que c’était important d’avoir une bonne sangle abdominale. Et que pour toi, le plus important, c’est le transverse plutôt que la tablette de chocolat apparente.

Juliette : Dans la tablette de chocolat apparente, il y a vraiement cet aspect esthétique. Je me suis rendu compte d’une chose par exemple sur les réseaux : elles ont toutes, des leggings qui montent assez haut. Personnellement j’aime bien les tailles basses et je ne comprenais pas pourquoi elles avaient toutes des trucs assez haut. Un jour, j’étais avec un short taille basse et j’ai fait une flexion du tronc, et le petit bourrelet en bas du ventre est apparu 😂 . J’ai alors compris pourquoi sur les réseaux toutes les sportives, qui montraient des exercices de renforcement musculaire, avaient des tailles hautes.

Les tablettes de chocolat, les grands droits, les obliques, tout le monde travaille de façon automatique. Le transverse devrait aussi travailler de façon automatique. Sauf que dans la population actuelle, notre mode de vie fait qu’on a tendance à se relâcher. Donc lui, pour moi ne joue pas suffisamment son rôle. J’insiste donc beaucoup sur celui-ci, mais en fait tout les abdominaux de façon générale sont importants.

Un livre a lire

Vanessa : J’aurai un dernier conseil à te demander Est ce que tu aurais un livre à nous recommander ?

Juliette : Le livre de base, qui est très connu, par les physiothérapeutes qui font de l’urogynécologie, et par les sages femmes, c’est le livre de la Doctoresse Bernadette de Gasquet, qui est francophone. Par contre, ces livres n’existent qu’en français. Vous pouvez le retrouver sur le site de CapRol dans la catégorie Livres, tout simplement. Elle explique très bien les abdominaux. Ça s’appelle « Les abdominaux arrêter le massacre ». Il a eu un succès dingue ce livre. Elle en a écrit d’autres qui sont aussi sur le site, qui expliquent le périnée, qui explique le yoga, etc. C’est très simple, c’est abordable par tout le monde et ça explique pas mal de biomécanique.

Vanessa : Super merci Juliette pour toutes ces réponses.

Juliette : Merci à toi. J’espère que j’ai répondu à tes questions. A bientôt pour un nouveau podcast.

L’initiative d’un APA de l’HRC pour faire bouger les patients en chambre durant la crise du COVID

CapRol a voulu interviewer Gabriel Duchemin pour qu’il nous explique l’initiative qu’il a mis en place au sein de l’HRC durant la crise du COVID. Voilà ses réponse à nos questions.

Bonjour Gabriel peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Gabriel Duchemin, j’ai 26 ans et j’ai grandi à Rivaz, au bord du lac Léman dans le canton de Vaud.

Je travaille à l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) en tant que moniteur en activités physiques adaptées et suis dans le service de physiothérapie.

Je suis un mordu de sport, ce qui m’a amené à faire des études en sciences du sport à l’Université de Lausanne durant 5 ans. Ce cursus m’a permis d’acquérir des compétences pratiques et théoriques dans le domaine de la santé. 

Passionné de sport, je touche à tout, que ce soit le triathlon, la gymnastique, l’athlétisme, les sports nautiques, les sports d’hiver, les sports de balles, le trekking, les sports de montagne et j’en passe. 

En somme, j’adore bouger et transmettre cette passion. Je suis également animé par le fait de mener des projets et des initiatives dans le domaine de la santé. 

En tant que titulaire d’un master APAS (activité physique adaptée) comment se fait-il que tu te sois retrouvé à travailler en soins aigus à l’HRC ?

Depuis des années, j’avais à cœur d’apporter l’activité physique et le mouvement en milieu hospitalier. Cela me motive d’autant plus lorsque je vois des patients se remettre à bouger. 

Je pense par exemple aux personnes suivant un programme de rééducation cardiaque qui ne se pensaient plus capables de faire des efforts intenses. Cela leur redonne confiance et leur offre de nouvelles possibilités de faire de l’activité physique à leur niveau, et de façon adaptée. 

Je considère que l’activité physique est un très bon médicament, pour ne pas dire le meilleur.

J’ai par ailleurs longtemps hésité à faire des études en médecine du sport. Ma mère et mon médecin de famille m’y encourageaient fortement. C’est au final ma passion pour le sport qui a fait que j’ai suivi un cursus en sciences du sport et en psychologie. J’ai donc fait un bachelor suivi d’un master, où j’ai pu étudier l’anatomie, la physiologie, la biomécanique, la biologie, la psychologie du sport et autres branches en lien avec la santé humaine.  

Je tenais vraiment à trouver une façon de concilier les domaines du médical et du sport. Le cursus APAS me paraissait être le plus adéquat pour atteindre cet objectif.

La profession est récente en Suisse, le master APAS existant depuis un peu plus de 10 ans. Cela en fait une profession en pleine définition. Il faut savoir se valoriser et monter qu’on a des compétences et un savoir-faire à apporter. 

Durant toutes mes études, l’armée cherchait à me convoquer. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen pour allier l’obligation de servir mon pays avec quelque-chose d’utile d’un point de vue professionnel. C’est pour cela que j’ai choisi de faire un service civil et d’envoyer une demande spontanée à l’HRC. Je leur ai dit que j’avais tels diplômes, telles expériences, des projets à proposer et que j’avais un service civil de 365 jours à accomplir. Ils n’avaient donc pas besoin de me rémunérer. 

J’ai envoyé ma demande à deux hôpitaux et les deux m’ont envoyé des réponses positives, l’hôpital de Lavaux et l’HRC.

On a estimé que mon activité se rapprochait de celle d’un physiothérapeute et j’ai eu des entretiens. Suite à ces entretiens, j’ai immédiatement choisi l’HRC. J’ai fait ce choix par instinct, car j’ai rencontré les responsables physio, des personnes incroyables avec de belles idées. Je suis heureux chaque jour d’aller travailler à l’hôpital et très fier de faire partie de cette équipe extraordinaire que je remercie du fond du cœur. 

Voilà donc comment je me suis retrouvé en soins aigus pour accomplir mon service civil. Comme cela s’est bien passé, j’ai reçu une proposition pour un poste à 100% et c’est top !

Avec quels types de patients travailles-tu au sein de l’HRC ?

La population de patients avec laquelle je travaille est assez variée. Il y a des patients en gériatrie, oncologie, neurologie, pédiatrie, chirurgie, cardiologie, soins palliatifs ou en situation psychosociale difficile. 

La rééducation cardiovasculaire occupe par ailleurs une grande place dans mon emploi du temps. J’ai également des expériences et des futurs projets en santé au travail. 

C’est assez marrant de se dire qu’indirectement, je travaille un peu partout dans l’hôpital. En effet, nous avons créé, en collaboration avec mes supérieurs et le service informatique, deux vidéos d’exercices qui passent chaque heure dans les chambres de l’hôpital. Cela motive bien les personnes à bouger en chambre. Je suis comblé ! 

J’ai la chance de communiquer avec les physiothérapeutes travaillant dans différentes unités. Ils me confient des patients qui ont besoin de travailler spécifiquement sur certains aspects, notamment le renforcement, l’endurance, la relaxation ou certaines modalités de la coordination comme l’équilibre. Il m’arrive de proposer du ludique ou des séances en groupe lorsque j’en ai la possibilité. J’utilise mon imagination pour trouver des exercices stimulant les personnes à faire de l’activité physique. 

Comment est venue l’idée de mettre en place des vidéos pour les patients COVID ?

Durant la période du COVID, j’ai eu la chance de continuer à travailler. C’était important pour moi de lutter contre cette crise à mon échelle en apportant ce que je pouvais. C’est justement de là qu’est parti l’idée de diffuser des vidéos en chambre. Les visites n’étaient pas autorisées et les patients étaient isolés en chambre. Mon rôle fut essentiellement de lutter contre le déconditionnement et d’apporter du soutien moral lorsque le pronostic était mauvais. 

Les personnes hospitalisées bougent fatalement moins à l’hôpital qu’à domicile. Il y a toutes les activités de la vie quotidienne en moins et ils passent facilement 20-22 heures couchés au lit. Perte de force et diminution des capacités cardiovasculaires sont donc des choses fréquentes. La condition physique est susceptible de se dégrader et il est capital que la personne à risque continue de se mobiliser au cours de son hospitalisation.  

Au final, le corps c’est un peu comme de l’eau car tant qu’il y a du mouvement ça va mais lorsque l’immobilité s’installe, ça commence à sentir mauvais. On parle d’eau stagnante qui risque de croupir et c’est pareil pour le corps !

Avant le confinement, on avait émis l’idée, avec mes responsables, d’utiliser les téléviseurs. Il faut savoir que chaque lit dispose d’un écran. On s’est dit qu’il serait judicieux de s’appuyer sur la technologie pour promouvoir le mouvement et l’activité physique. Comme je l’ai dit avant, les personnes hospitalisées sont à risque de se déconditionner. Tu ajoutes à ça l’isolement en chambre et l’impossibilité de recevoir des visites et tu obtiens le parfait cocktail pour ruiner ta santé physique et ton moral. Il fallait agir rapidement et nous avons sorti la vidéo en à peine 10 jours. On s’est très bien coordonnés et on était sur la même longueur d’onde.

Lorsque le COVID est arrivé en tant que soignant as-tu eu des appréhensions, as-tu eu peur du virus ?

Du virus en lui-même pas plus que ça. Bien sûr il faut avoir peur car cela permet d’adopter des comportements adéquats et rationnels pour protéger autrui et soi-même. Sans peur ou à l’inverse en paniquant on fait n’importe quoi et on représente un danger. Il y avait des directives claires et il s’agissait de les respecter.

Personne n’avait vécu ça avant et on parlait de ce virus depuis des semaines. Avec du recul, je me sentais plus en sécurité à l’hôpital qu’à l’extérieur car au moins j’étais face à une personne diagnostiquée donc je prenais des précautions lors des prises en charge. À l’extérieur c’était plus incertain et ce semi-confinement rendait la chose un peu délicate je trouve.

Comment cette initiative a-t-elle été accueillie par tes collègues de l’hôpital et les patients ?

Cette initiative a été très bien accueillie. Les collègues en font régulièrement la promotion en chambre. On a eu les félicitations de quelques médecins qui voient leurs patients faire de la gymnastique au lit. 

Ça me fait toujours plaisir d’aller voir les patients en chambre pour faire la vidéo avec eux. J’ai parfois l’occasion de le faire avec des patients qui sont deux en chambre et on se retrouve à trois à faire des mouvements. Certains patients demandent s’il existe un support pour pouvoir continuer à faire ces exercices à la maison. Je vais donc m’organiser pour les proposer en format papier. Je sais par ailleurs que les exercices sont sur YouTube sur la chaîne « Hôpital Riviera-Chablais ». 

Nous avons finalement sorti une seconde vidéo d’exercices qui fut tout aussi bien accueillie. Je suis ravi de voir l’engouement qu’il y a eu autour de ce projet. Cela me motive à trouver d’autres moyens pour encourager les personnes à bouger !

Que tires-tu de cette expérience ?

Que du positif ! J’ai été très touché par la confiance de mes collègues, je me sens valorisé dans mon travail. Je suis infiniment reconnaissant envers l’hôpital et envers l’ensemble du personnel qui y travaille. Donc à refaire !

Comment as-tu vécu personnellement cette période de COVID ?

Cette période ne fut pas terrible pour moi. J’ai eu la chance de continuer à travailler en apportant tout ce que je pouvais. Mon chef m’a d’ailleurs demandé si je voulais ne pas travailler pendant cette période. J’avais à cœur d’apporter mon aide donc je suis naturellement resté. 

En tant que thérapeute physique, mon activité consiste principalement à agir sur des paramètres qui sont liés à l’aspect moteur, mais il faut savoir que tout un pan de ma formation porte sur les facteurs psychosociaux. Cette période de crise m’a permis de valoriser ces compétences en apportant du soutien aux personnes qui étaient en situation de vulnérabilité sur un plan plus émotionnel.

As-tu d’autres projets à nous partager ?

Oui quelques projets, entre autres développer d’avantage l’activité cardiaque, notamment l’activité ambulatoire. Nous avons d’ailleurs, le 2 septembre 2020, lancé le projet « Benefit » à l’espace santé Valerette (pôle de physiothérapie et d’ergothérapie de l’HRC). C’est un programme de rééducation phase III pour les personnes ayant vécu un évènement cardiaque.

J’aimerais aussi aller plus loin dans un protocole destiné aux patients de 65 ans et plus en proposant des programmes d’activité physique adaptée pour valoriser les capacités de ces personnes dans leur vie de tous les jours. 

J’aimerais encore mener une étude et proposer des initiatives en santé au travail. 

J’ai encore d’autres idées donc je dois continuer à bosser dur. « Un jour en vaut trois pour qui fait chaque chose en son temps ».

L’importance du sommeil

Nous avons tous besoin de sommeil, nous dormons tous, cela fait partie de notre vie comme respirer et manger, mais se pourrait-il que nous sous-estimions son importance ?

Combien d’heures de sommeil avez-vous besoin ?

Une bonne nuit de sommeil fait partie des fondements d’une bonne santé. Vous devez pouvoir vous coucher, vous endormir rapidement, rester endormi toute la nuit sans vous réveiller et vous lever le matin frais et disponible.

Un bon sommeil est également important pour la forme physique, car il est essentiel pour une bonne récupération après l’exercice. Vous décomposez un muscle pendant l’entraînement et vous le reconstituez pendant le sommeil.

Un mauvais sommeil est plus qu’ennuyeux, c’est un problème de santé publique. L’insuffisance de sommeil est liée aux accidents de voiture, aux catastrophes industrielles, aux erreurs médicales et professionnelles et à d’autres formes d’erreurs humaines. 

Les personnes souffrant d’insuffisance de sommeil sont également plus susceptibles de souffrir de maladies chroniques telles que :

  • l’hypertension
  • le diabète
  • la dépression
  • l’obésité

Elles sont ainsi plus susceptibles de souffrir de cancer, d’une mortalité accrue et d’une qualité de vie réduite.

Il est clair que nous ne nous épanouissons pas aussi bien sans suffisamment de sommeil, entre 7 et 9 heures pour la plupart des gens. Malheureusement, des études montrent qu’environ 30 % des adultes déclarent dormir en moyenne six heures ou moins par nuit.

Pourquoi le sommeil est-il si important ?

L’une des fonctions les plus importantes du sommeil est la réorganisation des réseaux neuronaux dans le cerveau.

Tout au long de la journée, vous apprenez consciemment ou inconsciemment de nouvelles choses, mémorisez des faits ou des processus de tâches, acquérez des compétences, créez de nouveaux souvenirs par des associations créatives, rencontrez de nouvelles personnes, etc.

Après une longue journée de ces activités d’éveil, votre cerveau est rempli de toutes ces informations désorganisées qui doivent être intégrées à d’autres choses que vous avez apprises plus tôt dans votre vie.

Si cette réorganisation n’est pas autorisée, votre esprit devient simplement un entrepôt chaotique de déchets cellulaires et vous manquez littéralement d’espace pour stocker de nouveaux souvenirs. Une fois que cela se produit, cela affecte presque toutes les fonctions de votre corps qui sont régies par votre système nerveux central, et votre corps commence à mal fonctionner.

Ces dysfonctionnements se manifestent généralement par :

  • problèmes de régulation de la chaleur ou du froid
  • un déclin de la fonction immunitaire
  • une augmentation du cortisol, des catécholamines et d’autres hormones du stress
  • déséquilibre des hormones de régulation de l’appétit et du sucre dans le sang
  • l’augmentation des niveaux d’hormones inflammatoires telles que l’interleukine et la protéine C-réactive

 

Il est très important que vous compreniez que la solution à ce problème n’est pas simplement « une journée facile » ou une période de temps passée à « récupérer ».

Contrairement au repos ou à la conservation de l’énergie, la mécanique de la réparation neurale exige que votre cerveau soit entièrement coupé de l’apport de l’environnement. Ce qui signifie que vous devez réellement dormir pour que la magie de la réparation se produise.

La deuxième raison pour laquelle vous mourrez si vous ne dormez pas est que le sommeil est l’état principalement anabolique du corps humain.

Pendant le sommeil nocturne, vous subissez une augmentation de l’hormone de croissance et de la testostérone. Ce sont deux hormones de réparation musculaire cruciales qui affectent également de manière significative votre croissance neurale et la façon dont vous vous sentez pendant la journée. 

Une étude décrit ces poussées hormonales nocturnes comme jouant un « rôle crucial dans la consolidation et l’amélioration de l’expérience du réveil ». Et c’est pourquoi vous vous sentez si bien après une bonne nuit de sommeil. C’est aussi pourquoi votre corps peut mettre deux à trois fois plus de temps à se réparer et à récupérer après un exercice physique lorsque vous ne dormez pas.

Non seulement vos muscles ont la possibilité de se réparer et de récupérer complètement pendant que vous dormez, mais on peut en dire autant de la restauration de vos glandes surrénales, de la détoxication de votre corps par votre foie et de la reconstruction de votre système immunitaire. En fait, l’une des principales causes de décès chez les rats ayant subi une privation de sommeil était les infections bactériennes opportunistes causées par un déclin de la fonction immunitaire. Ainsi, lorsque vous ne dormez pas assez, votre corps est dans un état catabolique continu, épuisé par les hormones, qui devient de plus en plus malade.

Quant à la quantité de sommeil dont vous avez besoin, des études montrent que pour la plupart des adultes, dormir moins de 7 heures par nuit est associé à une baisse de la vigilance et à un risque accru de maladie chronique, tandis que dormir plus de 9 heures par nuit est également associé à une vie plus courte et à un risque accru de maladie chronique.

Il faut donc dormir entre 7 et 9 heures !

Vous devez accorder plus d’importance à votre sommeil que ne le laisse croire notre culture pop obsédée par la productivité et les résultats.

Nom d’une pompe!

Petite philosophie d’un sportif repenti

À l’heure où nous savons tout sur tout grâce notamment aux réseaux sociaux, nous en oublierions presque l’essentiel ; comment tout cela est-il possible ? 

Nous sommes nombreux à mettre le cœur à l’ouvrage lorsqu’il s’agit de nous entraîner.  Mais qui pratique une activité physique pour renforcer son cœur ? 

Les motivations pour se dépenser sont multiples :

  • l’envie de se surpasser,
  • le plaisir d’être entre amis,
  • diminuer le stress,
  • se distraire
  • ou encore ressentir des émotions fortes, etc..

 

Et vous alors, quelles sont les véritables raisons qui vous poussent à en faire toujours plus ?

La démocratisation des compétitions, le besoin d’endurance grandissant, voire l’envie de se mesurer pour devenir potentiellement «son meilleur soi» nous incitent à commettre de petites fautes de pas.

En effet, en tant que préparateur physique, je constate au quotidien que beaucoup de personnes se préoccupent avant tout de leur apparence, ce qui leur renvoie l’image – ma foi erronée dans la plupart des cas – d’un contrôle qu’ils auraient sur eux-mêmes.

La salle de sport est un environnement structuré et contrôlable. Mais le corps humain reste avant tout une machine particulièrement complexe. C’est justement de sa pompe qu’il est question ces jours dans mes réflexions personnelles.

Et si je pouvais brièvement vous inviter à vous asseoir à ma table quelques 3 minutes, afin de porter votre attention sur les battements de cet organe musculaire, alors je vous conterais les bienfaits d’une pratique sportive saine sans faire le joli cœur.

Avec ou sans pathologie, les systèmes cardio-vasculaire et cardio-respiratoire sont depuis longtemps étudiés par les spécialistes de la préparation physique et les médecins. Mais qui de monsieur et madame tout le monde qui pourtant s’en donne à cœur joie pour atteindre leurs objectifs ? « T’as vu comme il a pris du poids ? », « elle a de ces cuisses ! », « oui mais c’est facile, ce sont des machines ! ».

Notre quotidien nous plonge dans une fausse idéologie par le dictat d’un marketing souvent odieux et sans valeur. Mais là encore, l’être humain est très bien fait : il s’adapte. Malheureusement, de moins en moins de personnes s’intéressent au fonctionnement du corps humain. C’est pourtant bien notre pompe qui permet de délivrer le sang oxygéné dont nous avons besoin pour réussir une performance. En d’autres termes, elle permet aux cellules d’utiliser les aliments comme source d’énergie. Et croyez-moi, votre cœur mérite votre écoute. 

Il ne faut pas fondamentalement changer du tout au tout votre approche du sport. Mais bien accroître votre spectre de connaissances concernant votre salle des machines. Et je suis convaincu que votre entraîneur ou une personne de votre cercle familial ou d’amis proches peut vous renseigner sur une pratique plus empirique et moins extrême de votre discipline.

Je reste persuadé que vous ne le regretterez pas. Et qui sait, peut-être même que vous aurez de belles surprises quant à vos résultats. Cela vous permettra de poursuivre le cœur léger. N’est-ce pas là une belle source de motivation en plus ? Nom d’une pompe !

Ecoutez votre corps, le sens de l’intéroception

L’intéroception est la perception des signaux du corps : faim, soif, température, douleur, rythme cardiaque…

Je m’appelle Cristina, je suis physiothérapeute, ostéopathe, et formée entre autres en physioyoga.

En raison de la situation actuelle, je pense qu’il est temps de regarder à l’intérieur de soi et d’essayer de se connaître. Cette connaissance nous donnera ainsi un certain contrôle de la situation et du pouvoir. 

Le corps est un canal pour contrôler le mental. L’utilisation de ce canal peut avoir beaucoup de bénéfices.

Par ce texte je souhaite vous expliquer la relation entre le corps et le mental. C’est aussi l’occasion de vous proposer des vidéos pour améliorer votre condition physique.

Intelligence émotionnelle et intelligence cognitive

Depuis petite, j’ai toujours été intéressée par l’intelligence émotionnelle, cette relation magique entre le corps et l’esprit !

Nous vivons dans un monde tourné vers l’extérieur. Nous sommes éduqués dans un système où, écouter et comprendre notre corps est placé au deuxième rang. C’est l’intelligence cognitive que nous privilégions.  

Nous avons besoin à la fois de notre intelligence émotionnelle et de notre intelligence cognitive pour avancer dans la vie, dans la bonne direction .

En tant que thérapeute, une partie de mes patients ont des blessures mécaniques. Mais beaucoup (et j’ose dire une grande partie) correspondent à des problèmes non résolus qui ont été somatisés par notre corps. Notre corps nous murmure, mais nous n’avons l’habitude de l’entendre que lorsqu’il crie !

« Les sensations du corps sont les émotions qui guident la prise de décision » Antonio Damasio

Si nous ne savons pas écouter nos sensations corporelles, nous ne pouvons pas comprendre nos émotions. Nous nous trompons alors dans la prise de décision.

En tant que physiothérapeute, je vais vous parler du corps, de la posture et de la façon dont la science a montré l’importance de prendre soin d’eux.

En 2010, Carney et al, ont démontré dans une étude que lorsque des personnes étaient placées dans des postures dominantes (par exemple sur une chaise de bureau avec la poitrine sortie) ou dans des positions de soumission (repliées), le système endocrinien changeait. Il sécrétait plus de testostérone et de cortisol (les hormones du stress) lorsque les personnes étaient en position dominante.

En 2014 une étude de Michalak et al, a comparé un premier groupe qui avait un ordinateur placé à hauteur des yeux et un deuxième groupe où l’ordinateur était placé plus bas (forçant ainsi à plier le dos). L’étude a montré que le deuxième groupe se souvenait beaucoup plus des mots négatifs que le premier groupe.
Permettez-moi de faire une réflexion en un seul mot : téléphone portable.

En 2015, Lee et al ont étudié que le système Glymphatique. Système qui lorsque nous dormons, nous aide à faire un « nettoyage » de notre cerveau. D’après cette étude ce système fonctionne mieux lorsque nous dormons sur le côté.

Relation entre le corps, la posture et a biochimique, êtes-vous convaincu ?

Si ces exemples de neuroscience corporelle, ne vous ont pas encore convaincus, je vous invite à essayer sur vous-même un ou plusieurs changements et d’en ressentir les biens-faits. Esssayez par exemple :

  • de vous écouter
  • d’améliorer votre posture
  • de travailler votre conscience corporelle
  • de faire des exercices
  • ou simplement de bouger

Soyons intelligents et agissons en prévention, dans le murmure du corps, en nous écoutant avant qu’il ne soit trop tard.

En tant que physiothérapeute, je le fais à travers le travail de la conscience corporelle, du mouvement et du physioyoga. Il existe cependant de nombreuses techniques ! Je vous encourage donc à rechercher la technique qui vous permet cette connexion.

L’intéroception est importante, car votre corps sait ce que votre esprit n’a pas encore réalisé.

Les réseaux comme aide et soutien thérapeutique

Je vous invite à un programme gratuit du sport thérapeutique d’un mois pour les débutants  qui veulent améliorer leur tonus musculaire et leur posture avec physiotrainingvevey. 

En cas d’intérêt pour le physioyoga, je vous invite à visiter la page Facebook qui contient de nombreuses vidéos.

Merci beaucoup de votre lecture, j’espère que cet article vous a intéressé. Je vous encourage à bouger !!

Activité physique et grossesse

L’activité physique modérée et régulière est recommandée en cas de grossesse sans complications (voir avec votre gynécologue ou sage-femme).

Elle est autant bénéfique pour la future maman que pour l’enfant à naître.

Il est important d’adapter ses activités en fonction de l’évolution de la grossesse. Optez pour un cours femmes enceintes – jeunes mamans, les cours seront adaptés. Cette activité a été démontrée comme positive face aux complications de grossesse.

L’activité physique apporte de nombreux bienfaits pour la santé :

  • bien-être psychologique et physique
  • favorise la circulation sanguine
  • entretien la tonicité des muscles
  • évite une prise de poids excessive
  • diminution des maux de dos

Le mieux est d’alterner :

  • des exercices aérobiques, qui augmentent le rythme cardiaque et l’endurance cardio-respiratoire; comme la marche, l’aquagym
  • et des exercices de renforcements musculaires, avec des petits poids ou des élastiques

Sans aucun doute l’activité physique pendant la grossesse apportent de nombreux bienfaits pour la future maman et son bébé.

Présentation de la méthode Pilates par Hundred

La méthode Pilates est une discipline mise au point par Joseph Pilates au début du siècle. Visionnaire, il a dédié sa vie à mettre au point un ingénieux système de remise en forme. 

Pilates une technique qui libère, corrige et renforce le corps

C’est en pratiquant son répertoire de 34 mouvements que peu à peu le corps va se libérer, s’aligner correctement, se renforcer et se délier.

L’essence de sa méthode est et restera sa vision d’un monde meilleur et la recherche d’un équilibre, d’une connexion entre la tête, le corps et l’esprit !

On entend parfois dire que le Pilates est doux…. Certainement respectueux du corps et intense. Efficace, sans danger et destiné à tous.

Sa pratique régulière garantit un meilleur alignement du corps, une meilleure proprioception et coordination, un renforcement musculaire global et une musculature profonde tonique. Cette dernière étant plus endurante que la musculature superficielle, on a tout à y gagner à la faire travailler avant tout !

On gagnera également en mobilité articulaire et en souplesse. Enfin, on constatera avec joie un affinement de la silhouette et une sensation de bien-être après chaque séance grâce à la concentration et son effet «méditation».

Ce n’est pas tellement ce qu’on fait qui compte le plus, bien qu’il y ait un fil conducteur dicté par les fameux 34 exercices, mais plutôt comment on le fait.

 

C’est l’esprit qui dirige le corps !

La Cadillac, la première machine Pilates

Pour accompagner chacun des mouvements et faciliter leur réalisation, Joseph Pilates a conçu une première machine durant la 1ère guerre mondiale alors qu’il est prisonnier dans un camp sur l’île de Man. Il utilise les lits des patients, ressorts et sangles. Ainsi est né le premier appareil « la Cadillac » qui ressemble à un lit à baldaquin sur lequel sont fixés les ressorts, les sangles ou encore une barre de trapèze. Suivant l’intensité désirée pour chaque exercice mais aussi suivant la force, le poids et la mobilité de la personne, les ressorts peuvent être ajoutés ou enlevés pour accompagner toujours plus loin les mouvements.

Appréhender la méthode

10 séances, c’est certainement le temps qu’il faut pour appréhender la méthode et pour intégrer ses principes. Tout commence par l’apprentissage de la respiration qui durant toute la session nous aidera à nous centrer et donnera le rythme dans l’exécution des mouvements. Une fois les principes de base acquis, on cherchera à affiner le travail suivant les objectifs à atteindre. Par exemple, pour augmenter ses performances à la course à pieds, gagner en souplesse ou encore affiner la silhouette. 

Jospeh Pilates Pilates rappelait à ses élèves que « Rome ne s’est pas fait en un jour ».

En adoptant la règle des 3P « Patience, Persévérance et Pratique », le Pilates s’inscrira dans la durée car :

« Un corps libre de tensions et de fatigue permet d’affronter toutes les complexités de la vie » Joseph Pilates

Nature, Marche et Psychologie

Nature, Marche et Psychologie

Walk2Talk propose depuis 2016 des consultations psychologiques en plein air en Suisse Romande. Nos psychologues invitent leurs client à sortir du cabinet thérapeutique traditionnel, pour être accompagné en marchant à leur rythme, lors d’une promenade dans la nature. Au-delà de l’écoute active assurée par un professionnel qualifié, cette approche bénéficie également des effets positifs de la marche, ainsi que du contact avec la nature. Une manière simple et authentique d’améliorer sa santé physique et psychologique, un pas après l’autre ! 

Grâce à cette approche, nous avons pu remarquer des effets positifs sur la santé psychologique, mais également physique. En effet, la marche étant une activité physique modérée, l’approche de Walk2Talk va dans le sens des recommandations de l’OMS qui préconise 10’000 pas quotidien, ou 30 min à 1h de marche. Ce type de consultation permet donc de lutter contre la sédentarité, un problème souvent décrit comme « le nouveau tabagisme » actuellement. En agissant en prévention contre le mal de dos, le surpoids et les problèmes cardiaques notamment, la marche permet également de stimuler des réponses hormonales bénéfiques à la santé : Le taux de cortisol diminue (hormone du stress) de 12% supplémentaire en comparaison avec le même effort fourni en laboratoire. L’hormone du bien-être, l’endorphine, augmente avec l’effort physique, ainsi que la sérotonine qui contribue à réguler les cycles de sommeil. Finalement, certaines études démontrent que 2h de marche en forêt augmentent jusqu’à 50% la production de cellule NK (natural killer), des lymphocytes du système immunitaire se mobilisant contre les cellules tumorales et infectées. Le résultat est donc une amélioration du système immunitaire général.

Le Kinesiotaping

Le kinesiotaping est un concept qui apparaît dans les années 70. Il est élaboré par le Dr. Kenzo Kase, Chiropracteur Japonais.

Les principes du kinesiotaping:

  • Techniques de taping supportant les muscles dans leur fonction
  • Techniques de taping permettant une liberté totale de mouvement
  • Techniques de taping favorisant un processus «d’autoguérison».

Ce type de bandage adhésif thérapeutique est un traitement de physiothérapie, qui a pour but de soulager la gêne fonctionnelle et la douleur dans les atteintes musculo-articulaires. Cette bande adhésive permettant une contention souple est aussi une technique de soutien, qui par tractions orientées sur la peau aurait une action favorable sur les systèmes circulatoires, lymphatiques et nociceptifs dermohypodermiques.

L’activité musculaire ne sert pas qu’au mouvement ! Elle est importante aussi pour favoriser les circulations sanguine et lymphatique, et la thermorégulation

Dr. Kenzo Kase

Les propriétés du KTape :

  • Le KTape n’est pas une contention classique
  • Il s’agit d’une bande de tape élastique en coton (les Leukotape K sont composés de 97% de coton et 3% de lycra)
  • Cette bande de tape élastique est élaborée avec un pourcentage de tension déterminé de 10%, ce qui correspond au pourcentage d’élasticité de la peau
  • Le KTape résiste à l’eau, a un pouvoir d’adhésion d’une semaine, et laisse respirer la peau
  • Il ne contient aucune substance médicamenteuse
  • Il ne contient pas de latex
  • La liberté de mouvement est respectée
  • Le patient ne perçoit plus la présence de la bande

Le KinesioTape stimule la fonction, est proprioceptif et ne limite pas (ou peu) l’amplitude articulaire

Les actions du KinesioTape

  • Facilite la circulation sanguine
  • Inhibe la douleur
  • Améliore l’efficacité musculaire
  • Support efficace à l’articulation
  • Action efficace sur les fascias
Le KTape faciliterait la circulation sanguine

Le KT augmenterait le flux sanguin après application des bandes. L’effet de traction sur la peau engendré par la pose du KTape, serait responsable d’une augmentation de l’espace sous-cutané. Avec le mouvement, l’alternance de pressions et décompressions, provoquerait une augmentation des échanges liquidiens et donc une résorption de l’œdème.

Le collage de la bande soulève la peau et crée des plis successifs, d’où :

  • Un volume augmenté entre la peau et la musculature
  • Une pression intra-tissulaire diminuée
  • Cela entraîne une régulation de la circulation lymphatique et sanguine, et une amélioration du métabolisme.
Le KTape permettrait d’inhiber la douleur

Les tractions orientées par les bandes agiraient sur les tissus aponévrotiques ainsi que sur les nocicepteurs situés dans ces mêmes tissus.

Le KTape appliqué sur la peau faciliterait un effet antalgique.

Le KTape améliorerait l’efficacité musculaire

La pose du KTape améliorerait les échanges liquidiens perturbés lors du traumatisme, et permettrait ainsi une normalisation de l’efficacité musculaire.

La tension et la direction du KTape appliquées sur les fascias du muscle donneraient un effet tonifiant ou détonifiant en fonction de la technique de pose.

Le KTape serait un support efficace à l’articulation

Le KTape appliqué sur la peau agirait comme facilitateur proprioceptif, par stimulation permanente des récepteurs cutanés. Une meilleure proprioception permettrait donc un meilleur contrôle articulaire..

Le KTape aurait une action efficace sur les fascias

Lors d’un stress ou d’un traumatisme, le fascia se met en tension, et perd de son élasticité. Cela engendre une augmentation de la pression intracellulaire, et des échanges liquidiens plus difficiles. En mobilisant les fascias le KTape favorise les glissements des différentes structures les unes par rapport aux autres.

Le kinesiotaping est une technique très utilisée en physiothérapie et dans le milieu du sport. Elle est sans danger, apporte de grands avantages avec peu voir pas de contrainte.

Vous pouvez retrouver dans la boutique de CapRol, le kinesiotape : Leukotape K